Trouble de stress post-traumatique : les douches

mer

Il se peut que tu aies envie de te laver, souvent, à l’eau très chaude, d’un geste très vif. Il se peut que tu te sentes sale, comme si tu t’étais roulée dans la boue pendant des heures. Il se peut que tu frottes sans même savoir ce que tu décapes. Il se peut que le geste te rassure, comme si tu retrouvais ta propre peau.

Le viol, c’est une blessure qui a lieu à l’intérieur de soi, au sens propre comme au sens figuré. Et c’est une blessure qui, souvent, demeure intérieure, silencieuse, solitaire. Il suffit d’un mot pour tout réveiller, ou d’une odeur, d’une lumière, d’une atmosphère. Tout peut revenir. Les douches ne suffisent pas, n’effacent rien, agacent davantage qu’elles ne soulagent.

Ces phénomènes, et d’autres avec eux, portent un nom. Ils se regroupent sous une bannière, dans une sorte de case étrange à partir de laquelle tout découle : le trouble de stress post-traumatique. Le viol, au-delà d’être un crime, constitue un traumatisme. Celui-ci n’est pas nécessairement immédiat ; il se peut qu’il surgisse soudainement des années plus tard. Quel qu’il soit et quelle que soit son expression, il n’en est pas moins légitime dans son ressenti. Il n’est pas non plus moins légitime de souffrir vingt ans après que le lendemain d’un viol.

Cette rubrique s’intéressera à des descriptions du trouble de stress post-traumatique, des regroupements de témoignages et aussi, presque surtout, des aides pour aménager son quotidien avec ce trouble et en guérir, pas à pas.

Related posts

Leave a Comment